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3ème atelier CODESRIA-FESPACO sur le cinéma africain: le cinéma africain, la vidéo & l’impact social des nouvelles technologies

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), en partenariat avec le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), est heureux d’annoncer un atelier de deux jours sur « Le cinéma africain, la vidéo et l’impact social des nouvelles technologies » qu’il organisera les 27 et 28 février 2011 à Ouagadougou (Burkina Faso). Le FESPACO est un événement biennal créé en 1969 afin de promouvoir le développement de l’industrie du cinéma africain à travers un cadre de réflexion, de présentation et de célébration des réalisations de cette industrie. Le FESPACO vise également à promouvoir les voix et les points de vue de l’Afrique dans la dynamique du cinéma mondial. L’édition 2011 du FESPACO se tiendra du 26 février au 5 mars 2011 à Ouagadougou.

Le thème de cette 22ème édition du FESPACO est « Cinéma africain et marchés ». Le Festival présentera un large éventail d’activités pour célébrer les anniversaires, notamment des expositions itinérantes sur les années du FESPACO et du cinéma africain, des projections de films, des conférences sur le FESPACO et la Fondation FESPACO.

L’ATELIER DU CODESRIA

L’accroissement rapide du nombre de vidéo-films nigérians et ghanéens au cours de cette décennie offre aux spécialistes du cinéma et des médias plusieurs opportunités de recherche innovante. Tout d’abord, au niveau de la production, il serait intéressant de savoir s’il existe des différences sociales et idéologiques considérables, outre les coûts d’équipement et de main d’œuvre, entre la vidéo et les appareils de tournage en celluloïd. En d’autres termes, pourquoi les vidéo-films ont-ils eu du succès au Nigeria et au Ghana, et n’ont pas réalisé une percée commerciale similaire dans les pays d’Afrique francophone ? Sur le plan idéologique, il peut être intéressant d’examiner les différences en matière de formation dans les écoles de cinéma au Nigeria et au Ghana, par opposition à celles du Sénégal et du Burkina Faso. Sur le plan sociologique, il faut également souligner la présence de vedettes de cinéma, de la culture populaire urbaine et d’objets de consommation modernes dans les vidéos du Nigeria, du Kenya et du Ghana, par opposition au style « auteur » du cinéma préféré par les cinéastes francophones. On constate également une collaboration croissante entre les productions vidéo nigérianes et ghanéennes, avec des réalisateurs, des producteurs et des acteurs/actrices des deux pays travaillant ensemble sur des coproductions qui ciblent les publics des deux pays. On pourrait aussi apprendre des choses sur la réception du film et l’esthétique en étudiant les « soap opera » égyptiens, qui sont populaires et influents, non seulement en Afrique du Nord, au Maghreb et au Moyen-Orient, mais aussi en Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’un important projet panafricain qui doit être bien étudié.

Certains chercheurs utilisent déjà le terme de « cinémas nationaux » pour désigner les activités vidéo au Ghana (voir Vitus Nnambigne) et au Nigeria (voir Onokome Okome), en raison de la réussite commerciale de la production, de la distribution et des systèmes d’exposition qui sont bien structurés. La réussite dans ces domaines détermine-t-elle seule la « nationalité » ou l’ « esprit national » de ces cinémas ? Qu’en est-il des autres impacts positifs de ces nouveaux développements sur l’imagination et la créativité de la jeunesse africaine ? Existe-t-il une nouvelle génération de réalisateurs, d’acteurs, de costumiers et de décorateurs ainsi qu’une production plus professionnelle ?

De toute évidence, tout ne va pas bien dans les soi-disant industries vidéo de Nollywood, Kenyawood et Ghanawood (également connu sous le nom Gollywood). Certains chercheurs critiquent le système pour ses récits de mauvaise qualité et sa diffusion de stéréotypes négatifs (la sorcellerie, les trafiquants de drogue, la violence, etc.) Récemment, les soap opera égyptiens ont été boycottés en Algérie, parce qu’ils étaient accusés de présenter des stéréotypes négatifs sur les Algériens, après les matchs de la Coupe d’Afrique de football 2010 entre les deux pays. Comment ces stéréotypes influencent-ils le comportement, les modes de vie et les idées de ceux qui regardent ces films ? Dans quelle mesure influent-ils sur les idéaux de la nouvelle génération, par exemple ? Et vice-versa, comment le mode de vie et les stéréotypes de la jeunesse globalisée influent-ils sur les thèmes qui sont dépeints dans ces films ? Des chercheurs et des artistes, tels que Femi Osofisan, sont allés jusqu’à affirmer que les vidéos de Nollywood équivalent à la renaissance d’un nouveau « Tarzanisme » dans le cinéma africain, simplement pour montrer comment sont complexes les rapports entre le cinéma et les comportements sociaux.

Au cours du prochain FESPACO prévu en février-mars 2011, nous organiserons un atelier de deux jours, pour discuter et analyser les impacts économiques, esthétiques et sociaux du phénomène du vidéo-film en Afrique. Nous souhaitons également étudier la relation entre les nouvelles technologies, la littérature contemporaine africaine et le cinéma afin de déterminer ce que les vidéastes pourraient apprendre de leurs prédécesseurs dans la littérature et le cinéma, et vice versa. Ainsi, la structure narrative des vidéo-films pourrait-elle être esthétiquement et thématiquement améliorée grâce à l’aide d’écrivains et de cinéastes « auteuristes » africains ? Inversement, les cinéastes francophones pourraient apprendre quelque chose du système du vedettariat de Nollywood et de Gollywood. Enfin, nous étudierons la réception des vidéo-films par les publics africains comme constitutive de nouveaux espaces démocratiques, de nouvelles formations subjectives et de désirs sociaux et économiques qui n’ont jusqu’à présent pas été présents dans le cinéma et la littérature.

L’intention première derrière cet atelier et la programmation de films africains au FESPACO est d’attirer l’attention sur les nouvelles orientations et les visions créatives dans le cinéma africain contemporain. Le CODESRIA est d’avis qu’il existe aujourd’hui en Afrique des langages cinématographiques nouveaux, opposés et souvent contradictoires et des positions critiques qui sont restés en grande partie invisibles à cause d’une définition monolithique et politiquement correcte du cinéma africain par les firmes artistiques et les festivals occidentaux.

Des invitations spéciales seront adressées à diverses écoles de formation cinématographique, telles que le NAFTI (Ghana) en vue de parrainer un certain nombre de leurs professeurs et étudiants afin qu’ils participant à l’atelier. L’atelier du CODESRIA aura lieu au Splendid Hôtel de Ouagadougou (Burkina Faso). Afin de permettre aux participants de faire une meilleure analyse des différents aspects de la thématique, l’atelier sera structuré autour de quatre tables rondes portant sur les thèmes suivants :

Première partie : La production vidéo et cinématographique et la distribution en Afrique. Panel I : La production vidéo et cinématographique et la distribution en Afrique. Panel II : La vidéo et la formation d’une nouvelle génération de vidéastes.

Deuxième partie : Quelques considérations esthétiques dans la littérature, le cinéma et la vidéo africains. Panel I : Teshome Gabriel et les paradigmes critiques dans le cinéma et la vidéo africains. Panel II : Nouvelles théorie de production, distribution et réception.

Troisième partie : Le récit et la culture populaire : représentations de la religion, du mythe et du vedettariat dans le cinéma et la vidéo africains.

L’atelier sera coordonné par le Professeur Manthia Diawara (Université de New York) et par le Professeur Kofi Anyidoho, titulaire de la Chaire Kwame N’Krumah d’études africaines et animateur du Programme de l’Institut sur les humanités panafricaines du CODESRIA de l’Université du Ghana, Legon. Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :

CODESRIA Pan African Humanities Institute Programme
University of Ghana Legon, Accra
University of Ghana
E-mail : k-anyi@ug.edu.gh
E-mail : k.anyidoho@gmail.com

ou

Secrétariat du CODESRIA
BP 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal.
Tel : +221 33 825 98 22/23
Fax : +221 33 824 12 89
E-mail : humanities.programme@codesria.org
Site Web : http//: www.codesria.org/

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